Thelma ne figure dans aucun registre paroissial ancien, aucun calendrier médiéval ni aucune liste de saints traditionnels. Ce prénom féminin est apparu dans la langue écrite à la fin du XIXe siècle, porté par un roman britannique devenu best-seller. Son parcours, entre création littéraire, succès anglo-saxon et redécouverte récente en France, mérite qu’on s’y arrête.
Thelma, un prénom né dans un roman de 1893
Contrairement à la plupart des prénoms classiques, Thelma n’a pas de racine antique clairement documentée. Le prénom est une invention littéraire : c’est l’écrivaine britannique Marie Corelli qui l’a utilisé pour la première fois comme prénom d’héroïne dans son roman Thelma, publié en 1893.
Ce livre racontait l’histoire d’une jeune Norvégienne confrontée à la société victorienne anglaise. Le succès commercial du roman a propulsé le prénom dans les foyers anglophones, d’abord en Grande-Bretagne, puis aux États-Unis.
L’étymologie souvent avancée renvoie au grec ancien thélêma, qui signifie « volonté ». Vous avez déjà lu cette explication sur d’autres sites ? Elle reste en réalité débattue. D’autres hypothèses rapprochent Thelma de Velma, de Wilhelmina ou de racines germaniques. Aucune filiation linguistique unique ne fait consensus parmi les spécialistes. Un article détaillé sur le prénom Thelma sur Le Paris des Lardons revient sur ces différentes pistes étymologiques.
Popularité de Thelma en France et aux États-Unis
Le prénom a connu des trajectoires très différentes selon les pays. Aux États-Unis, Thelma a été largement donné au début du XXe siècle avant de décliner progressivement. Les données de la Social Security Administration indiquent seulement 29 naissances en 2025, plaçant le prénom au rang 4 745.

En France, Thelma est resté presque inexistant pendant des décennies. Sa progression récente s’inscrit dans une tendance plus large : les parents français recherchent des prénoms courts, doux et peu répandus. Le fichier des prénoms de l’Insee permet de suivre cette évolution département par département.
Le prénom reste toutefois modeste en volume par rapport aux grands classiques féminins.
Sainte Thelma et fête du prénom
Thelma ne possède pas de sainte patronne attitrée dans le calendrier catholique. La fête associée est généralement fixée au 26 juin, par rattachement à saint Anthelme de Chignin, un chartreux du XIIe siècle originaire de Savoie.
Pourquoi ce rattachement ? Parce que certains linguistes considèrent Thelma comme un dérivé d’Anthelme, construit sur les racines germaniques ans (nom d’une divinité) et helm (casque, protection). Ce lien reste une convention plus qu’une certitude historique.
D’autres prénoms proches partagent ce même rattachement :
- Anselme, qui partage la racine germanique ans et se fête aussi en lien avec la tradition chartreuse
- Selma, souvent présenté comme un diminutif d’Anselme dans les pays scandinaves
- Telma, variante orthographique utilisée au Portugal et au Brésil
Thelma dans la culture populaire : bien plus qu’un film
La référence culturelle la plus immédiate reste le film Thelma et Louise, réalisé par Ridley Scott en 1991. Geena Davis y incarne Thelma Dickinson, une femme au foyer qui prend la route avec son amie Louise.
Le long métrage a dépassé le simple statut de road movie. Il a été relu comme une œuvre sur l’émancipation féminine, la violence sexiste et la reprise de contrôle. Son influence reste discutée dans les médias plus de trente ans après sa sortie, et une adaptation scénique a été présentée au Young Vic de Londres.
D’autres personnalités ont porté ce prénom :
- Thelma Houston, chanteuse connue pour son titre Don’t Leave Me This Way
- Thelma Coyne Long, tenniswoman australienne qui a marqué les tournois du Grand Chelem

Choisir Thelma : ce que ce prénom dit d’un choix parental
Opter pour Thelma, c’est choisir un prénom qui ne vient pas d’un héritage familial classique ni d’un saint populaire. C’est un prénom de personnage, devenu prénom de personne par adoption progressive.
Sa sonorité courte (deux syllabes, cinq lettres) le place dans la même famille phonétique qu’Alma, Selma ou Elma. Ces prénoms courts à finale en -a dominent les tendances récentes en France, selon les données publiées par l’Insee.
Le flou étymologique qui entoure Thelma peut séduire les parents qui préfèrent un prénom ouvert, sans signification trop rigide. Le sens de « volonté » reste une lecture possible, mais pas la seule. Cette ambiguïté fait partie de l’identité du prénom : né d’un roman, façonné par le cinéma, il appartient davantage à l’imaginaire culturel qu’à une tradition religieuse ou linguistique figée.



